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Blog d'informations sur le noble art en France et dans le reste du monde .

25 Jul

Azumah Nelson et Ike Quartey, icônes de la boxe en Afrique

Publié par Benoît Sainte Marie

Azumah Nelson et Ike Quartey, icônes de la boxe en Afrique

Malgré son lourd passé historique (colonisation, période de grandes explorations, conflits, indépendance, …), l’Afrique est un continent qui regorge de beaucoup de sportifs qui se sont illustrés au niveau mondial.

Avant 1960, aucune médaille olympique n’avait encore été remportée par un Africain noir. Pour la première fois de son histoire, le Ghana a participé aux Jeux Olympiques de Melbourne en 1956 et était représenté par sept sportifs, tous engagés en athlétisme. Quatre ans plus tard, pour les JO de Rome, le pays est à nouveau représenté par sept sportifs toujours pour la discipline de l’athlétisme, mais cette fois-ci, six boxeurs les accompagnent. Clement Isaac Quartey, issu d’une famille de 27 enfants avec cinq femmes différentes et qui n’est autre que le demi-frère du futur champion du monde Ike « Bazooka »Quartey, boxe dans la catégorie des poids super-légers et est considéré comme l’un des meilleurs boxeurs du pays. Pendant ces JO, il remporte ses combats contre Mohamed Boubekeur, Khalid Al-Karkhi, Kim Deuk-Bong et accède à la demi-finale. Il aurait dû boxer contre Marian Kasprzyk, mais ce dernier a déclaré forfait, ce qui lui ouvre les portes de la finale. Le boxeur ghanéen affronte donc le boxeur tchécoslovaque Bohumil Nemecek. Malgré une solide résistance et des contres remarquables, Quarteyest battu aux points à l’unanimité des juges. En remportant cette médaille d’argent, Quartey crée un exploit énorme et devient le premier médaillé olympique Africain noir. En 1988, aux Jeux Olympiques de Séoul, c’est son demi-frère, Ike Quartey, qui représentera le Ghana (avant de connaitre une remarquable carrière professionnelle ainsi que la consécration mondiale).

De l’ombre à la lumière

L’Afrique est, malgré son histoire, un symbole fort. A commencer par Mohammed Ali. Ce grand boxeur qui a traversé le siècle du combat des Noirs américains pour leurs droits civiques et de la guerre du Vietnam. Celui qui aura donné à toute une génération un souffle nouveau et l’espoir qui manquait pour se réaliser. Même s’il y a eu ce combat de légende à Kinshasa contre George Foreman le 30 octobre 1974, bien avant cela, Ali était déjà l’Afrique. Dix ans auparavant, en 1964, Ali était déjà venu sur le sol africain. Pour rappel, durant cette année, il est devenu champion du monde des poids lourds en battant Sonny Liston, et peu de temps après, il a rejoint la « Nation de l’Islam ». Et suite à cette reconversion, il décide d’aller en Afrique afin de rencontrer ses « frères et soeurs ». En mai 1964, il part pour une tournée d’un mois sur le continent, et commence son voyage par le Ghana où des milliers de personnes l’attendaient à l’aéroport pour l’acclamer. Tout le long du séjour, il aura été traité, non pas comme un boxeur devenu champion du monde, mais comme un héros national, un symbole. Il sera reçu par le président Kwame Nkrumah, qui a été le premier leader africain à faire plier le colonialisme et qui a mené le Ghana vers l’indépendance en 1957. Le Ghana est un pays avec un riche héritage sportif. Il a fait de très grands progrès dans le but de devenir la nation africaine par excellence dans de nombreuses disciplines sportives. Même si des évènements sportifs tels que l’athlétisme, le tennis, le basket-ball, le rugby, le hockey, le cricket et le golf sont très populaires, les deux sports qui déchainent les passions sont le football et la boxe.

Bien que le football soit plus populaire et que la majorité des subventions soient pour l’équipe nationale les « Black Stars », il n’empêche que la boxe est une culture (qui a été développée sous l’ère coloniale anglaise) bien implantée notamment à Accra, la capitale du Ghana. A Jamestown, l’un des plus vieux quartiers de la ville, et à Bukom, enfants, adolescents et adultes s’entrainent sans relâche. C’est là où il y a la plus forte concentration de clubs de boxe. Des entrainements avec du matériel rudimentaire ( il n’est pas rare de voir des personnes s’acharner à monter et descendre en cadence sur de vieux pneus usés), des salles de boxe où il n’y a pas de vestiaires et rarement de rings, pas de toits pour certains, pas d’électricité, ce qui contraint l’arrêt des entrainements dès le début de soirée. Mais qu’importe, là-bas, la vie est dure, il faut se battre pour survivre. Un « fighting spirit » hors du commun qui fait que le Ghana a porté plusieurs de ces boxeurs au titre de champion d’Afrique et, sur la scène internationale, au titre de champion du monde.

Le Ghana a produit certains des plus grands boxeurs de l’Afrique, notamment les anciens champions du monde Azumah « Le Professeur » Nelson, Ike « Bazooka » Quartey et Joseph « King Kong » Agbekoqui continuent d’inspirer une nouvelle génération de boxeurs ghanéens. Leurs exploits ont inspiré la majorité des jeunes dans les zones défavorisées à travers le pays, en cherchant à les imiter.

  • Edward Blay : médaillé d’or dans la catégorie des poids légers aux Jeux du Commonwealth à Perth en 1962, médaillé de bronze dans la catégorie des poids super-légers aux Jeux olympiques de Tokyo en 1964, et médaillé d’or dans la catégorie des poids welters aux Jeux du Commonwealth à Kingston en 1966.
  • Prince Amartey : médaillé de bronze dans la catégorie des poids moyens aux Jeux olympique de Munich en 1972.
  • David Kotey : champion du monde WBC des poids plumes de 1975 à 1976. Il a été le 1er boxeur ghanéen à être champion du monde.
  • Azumah Nelson : le plus grand champion de boxe ghanéen de tous les temps. Médaillé d’or dans la catégorie des poids plumes aux Jeux africains en 1978, champion du monde WBC des poids plumes de 1984 à 1987, et champion du monde WBC des poids super-plumes de 1988 à 1994 et de 1995 à 1997. Une légende vivante qui a été sacrée, par le conseil mondial de boxe, comme étant le « plus grand boxeur professionnel d’Afrique de l’histoire ».
  • Ike Quartey : champion d’Afrique de 1990 à 1991 dans la catégorie des poids supers-légers, et champion du monde WBA des poids welters de 1994 à 1997.
  • Joshua Clottey : champion d’Afrique dans la catégorie des poids welters en 2001, et champion du monde IBF des poids welters de 2008 à 2009.
  • Joseph Agbeko : champion du monde IBF des poids coqs de 2007 à 2009 et de 2010 à 2011.

Même s’il n’est pas aussi populaire (à juste raison) qu’Azumah Nelson, Ike Quartey n’en reste pas moins un boxeur qui a fait la fierté de son pays. Né le 27 novembre 1969 à Bukom au Ghana, il a commencé sa carrière sous la direction du célèbre Yoofi Boham, qui avait formé de nombreux champions de boxe au Ghana dont Azumah Nelson. Il connaitra une belle carrière en amateur, affichant un palmarès de 50 victoires et 4 défaites. Quartey a représenté son pays aux Jeux Olympiques de Séoul en 1988 dans la catégorie poids welters, mais battu par Grahame Cheney, il n’a pu atteindre les quarts de finale. Il devient, ensuite, professionnel le 26 novembre 1988. Il a été champion d’Afrique des poids super-légers le 4 mai 1990, et champion du monde WBA des poids welters de 1994 à 1997. Il se retirera des rings en 2006 avec un palmarès de 37 victoires dont 31 avant la limite, 4 défaites et 1 match nul.

Boxeur intelligent et véritable guerrier, Ike « Bazooka » Quartey avait l’un des meilleurs jabs de l’histoire, un jab d’une redoutable efficacité. De 1998 à 1992, tous ses combats auront lieu à Accra au Ghana, enchainant les victoires avant la limite. Ensuite, dès 1992, le « Bazooka » du Ghana effectuera une partie de sa carrière en France, promu par les frères Acaries, qui se vanteront d’avoir découvert le phénomène Quartey. Toujours invaincu en 25 combats, dont 21 remportés avant la limite, il est devenu un sérieux prétendant pour le titre mondial. Et, le 4 juin 1994, pour son 26ème combat, il a l’opportunité de participer à son 1er championnat du monde contre le tenant du titre WBA des poids welters et toujours invaincu, Crisanto Espana. Un défi de taille pour Quartey face à un adversaire redoutable qui a obtenu le titre en battant Meldrick Taylor par KO dans la 8ème reprise le 31 octobre 1992 et qui est sur une série de 30 combats sans aucune défaite, dont 25 par KO. Le combat a lieu à Levallois-Perret en France, et Quartey devient le nouveau champion du monde WBA des poids welters en stoppant Espanadans la 11ème reprise.

Il défendra victorieusement sa ceinture en faisant parler sa puissance contre Alberto de las Mercedes Cortes le 1er octobre 1994, Bobby Butters le 4 février 1995, Jung-Oh Park le 4 mars 1995, Andrew Murray le 23 août 1995, Jorge Ramirez le 3 février 1996, et Vince Phillips le 12 avril 1996. Grâce à sa constance, ses prestations sur le ring et ses victoires avant la limite, Ike Quartey, toujours invaincu, est considéré comme l’un des dix meilleurs boxeurs au monde. Le 4 octobre 1996, il bat aux points Oba Carr, et renoue avec la victoire avant la limite contre Ralph Jones le 18 avril 1997. Partout on parle d’un combat de réunification entre le champion WBA, Ike « Bazooka » Quartey et le tenant du titre WBC,Pernell « Sweet Pea » Whitaker. Un combat qui pourrait avoir lieu durant l’hiver 1997 ou au printemps de l’année 1998. Un choc attendu entre deux des meilleurs poids welters du moment. D’autant plus que tout le monde avait en mémoire le combat, dans la catégorie des poids légers, de Whitaker contre un autre boxeur ghanéen, Azumah Nelson.

Le 17 octobre 1997, Quartey défend sa ceinture contre Jose Luis Lopez. Pour ce combat, le ghanéen souffrait de paludisme. Son équipe lui avait conseillé de reporter le combat, mais Quartey ne voulait pas rater cette occasion. Afin de préserver son énergie, il a boxé pendant une grande partie du combat avec une seule main, son puissant et précis jab du gauche (le Compubox donne un record de 313 jabs). Un combat où il y a eu de l’action tout de même, et même si Quartey a été au tapis dans les 2ème et 11ème reprises, Lopez a connu des moments difficiles tout au long du combat, gêné par ce jab chirurgical du ghanéen. Lopez, après avoir envoyé le champion au tapis dans la 11ème reprise, a haussé le ton jusqu’à la 12ème reprise. Dans un premier temps, Quartey est déclaré vainqueur par décision majoritaire des juges, mais une erreur a été trouvée dans la notation. Ce combat se soldera donc par un match nul, maisla plupart des observateurs estimaient que Quartey méritait la victoire. Sa cote de popularité, malgré cet incident, restera intact. Le 17 octobre 1997, le même jour que le combat Quartey-Lopez, Whitaker remporte son combat contre Andrei Pestriaev. Après un test positif à la cocaïne, cette victoire lui sera retirée.

L’année 1998 sera synonyme d’inactivité pour Ike Quartey. Des raisons personnelles, professionnelles et médicales vont conduire à son absence des rings jusqu’en février 1999.

Pourtant, sur le plan professionnel, l’année aurait du être très riche puisqu’il était prévu trois combats. Un combat en avril contre Whitaker mais qui a été annulé car ce dernier a été contrôlé positif à un produit illicite, et un combat contre le tenant du titre WBC, Oscar de la Hoya, prévu pour le 21 novembre. Mais celui-ci ayant subi une coupure à l’arcade à l’entrainement, le combat sera reporté en février 1999. Et pour finir, une défense de son titre WBA contre son challenger obligatoire, Andrei Pestriaev, était prévue en date du 20 août. Quartey, pâle et fiévreux après une séance d’entraînement, a été hospitalisé le 11 août au Korle Bu Teaching Hospital d’Accra pour des douleurs de poitrine. Les médecins lui diagnostiquent une infection respiratoire. Il est sorti quelques jours après de l’hôpital, et les médecins lui ont demandé d’éviter de reprendre l’entraînement avant deux bonnes semaines afin de récupérer. En plus de son inactivité, Quartey est forfait pour la défense de son titre. Il sera destitué de son titre par la World Boxing Association.

L’année 1999 marque le retour du « Bazooka » sur le devant de la scène. Toujours invaincu en 34 combat et un match nul, Quartey affronte enfin de la Hoya, lui aussi toujours invaincu en 29 combats, le 13 février 1999 au Thomas & Mack Center de Las Vegas. Animé par un esprit de revanche du fait que le tenant du titre WBC ait prétexté une blessure à l’arcade en novembre dernier pour repousser le combat,Quartey, en colère, aura ses mots :

«Il n’était pas prêt et il s’est dégonflé. Et je vais être le premier à le battre. Ce sera une formalité pour moi, alors que cela sera considéré comme un exploit par beaucoup d’autres.»

Pour grand nombre de spécialistes, Quartey est considéré comme étant le meilleur adversaire que de la Hoya n’ait eu à affronter depuis le début de sa carrière, et que ce combat sera la plus dure épreuve pour lui également. Beaucoup estime qu’il est protégé par son promoteur Bob Arum, et que son palmarès de 29 combats en autant de victoires est surfait.

Le combat va tenir toutes ses promesses. Quartey a pris la mesure du combat malgré quelques répliques du champion en titre. Des coups puissants et l’impressionnant jab du « Bazooka » ghanéen contenaient un de la Hoya dominé à plusieurs reprises. Dans la 6ème reprise, de la Hoya réussit à envoyer son adversaire au tapis. Quartey se relève, et le « Golden Boy » va à la guerre, mais à son tour, il ira au tapis. Les reprises suivantes sont disputés. Le champion a été blessé au nez et à la pommette gauche. Même s’il est bien revenu dans la 10ème et 11ème reprise, de la Hoya sait qu’il est tout proche de connaitre sa 1ère défaite et de perdre son titre de champion du monde. Dans la 12ème et dernière reprise, il va donc tout tenter. Il réussit à envoyé son adversaire au tapis dès le début de la reprise. Quartey se relève, et de la Hoya se déchaine. Il assène une avalanche de coups pendant une bonne trentaine de secondes, crochets, uppercuts, tout passe. Il ébranle Quartey qui trouve le moyen, malgré le déluge, de répliquer. Epuisé, et surtout frustré devant la résistance et la puissance du ghanéen, de la Hoya recule. Au gong final, Ike Quartey lève les bras pour se féliciter de sa victoire, et Oscar de la Hoya, de manière moins enthousiaste, l’a imité. Et le verdict tombe. La victoire revient par décision partagée à de la Hoya. Deux juges ont rendu des cartes de 116-112 et 116-113 en sa faveur, alors que le 3ème juge avait Quarteyvainqueur avec une carte de 115-114. Une décision qui a suscité la controverse, certains parlant même de vol. Pour beaucoup, Quartey avait clairement gagné ce combat.

« Vous avez vu le combat. Le monde a vu le combat. Tout le monde a vu la décision. Tu sais que j’ai gagné le combat, mais tu savais que je ne pouvais pas gagner par décision à Las Vegas ».

De la Hoya pensait que cette victoire mettrait fin aux critiques quant à son palmarès « gonflé » en raison du niveau des ses adversaires. Pour lui, il venait d’affronter et battre Quartey, ce que personne n’avait fait auparavant. Cette victoire controversée ne lui vaudra pas le respect qu’il croit mérité.

Après cette défaite, Ike « Bazooka » Quartey va de nouveau être inactif et ne remontera sur le ring qu’en avril 2000.

Pour son retour, il se lance un défi de taille en montant de catégorie et en affrontant le champion du monde IBF des poids super-welters, l’invaincu Fernando Vargas. Un combat disputé mais le champion en titre a dominé les débats face Quartey qui connaitra sa 2ème défaite à l’unanimité des juges (116-111, 116-111, 114-113).

Après ce combat, Quartey sera à nouveau absent des rings. Après 5 ans d’absence, il fait son retour sur le ring. Durant l’année 2005, il sera victorieux de ses 3 combats de rentrée : Clint McNeil le 14 janvier,Verno Phillips le 18 juin, et Carlos Bojorquez le 3 décembre.

Le 5 août 2006, au Madison Square Garden de New-York, il affronte un adversaire de taille, l’ancien champion IBF et WBC des poids welters, Vernon Forrest. Quartey sera victime à nouveau d’une décision controversée. Forrest est déclaré vainqueur à l’unanimité des juges (96-93, 95-94, 95-94). La plupart des spécialistes sont outrés par ce vol, et le public affiche son mécontentement sous les huées.

Le 12 décembre 2006, il remonte sur le ring pour affronter Winky Wright. Quartey perd à l’unanimité des juges, mais sans controverse cette fois-ci.

Il se retire de la boxe après ce combat. Ike Quartey est désormais dans le monde des affaires, et il est l’un des rares champions à ne pas oublier ses racines, car la plupart des boxeurs ghanéens, dès qu’ils réussissent, souvent restent aux États-Unis ou en Europe.

Trop souvent défavorisé par les juges, il reste malgré tout un grand champion qui a marqué son époque. Mais ces décisions controversées ainsi que ses longues périodes d’inactivité lui auront été quelque peu préjudiciables et l’auront empêché d’avoir la carrière et la reconnaissance qu’il méritait.

En Afrique, la boxe est très populaire, et le Ghana a porté les espoirs de tout un continent. La plupart des boxeurs qui ont fait de ce pays une légende mondiale, en côtoyant les rings les plus prestigieux, y sont nés ( David « Poison » Kotey, Azumah « Le Professeur » Nelson, Ike « Bazooka » Quartey, …). Grâce à ces boxeurs, qui ont été des catalyseurs, l’histoire de la boxe africaine est très riche et regorge de combats qui ont dépassé les limites du ring car, loin de cette commercialisation mondiale du sport, ces pugilistes (devenus aujourd’hui des icônes) ont été des vecteurs efficaces de nombreuses valeurs.

Un âge d’or où ces boxeurs ghanéens étaient les meilleurs de l’Afrique et du Commonwealth, certains allant même jusqu’à devenir champion du monde. A l’heure d’aujourd’hui, ce bastion de grands champions peinent à se trouver de nouveaux fers de lance pour apporter un titre mondial au pays. Pourtant, le Ghana regorge de boxeurs talentueux et la motivation est toujours là. Mais le malaise repose sur les moyens. Les infrastructures sont désuètes et rendent pénibles les conditions de travail aussi bien des entraineurs que des boxeurs, le renouvellement des entraineurs, mauvaise organisation, … Il est donc bien difficile dans ces conditions de rivaliser avec des boxeurs dans le monde. Du coup, le continent africain assiste à un exode important de ses boxeurs talentueux. Beaucoup préfère se diriger vers les Jeux du Commonwealth, espérant se faire connaitre en allant en Angleterre, tout en sachant que cette compétition ne leur garantira pas forcément la gloire.

L’état de la boxe sur le continent africain, et plus particulièrement au Ghana, n’a pas laissé insensiblesIke Quartey et celui qui est toujours considéré comme un modèle pour beaucoup de boxeurs dans le pays, la légende vivante Azumah Nelson .

« La boxe doit être l’esprit et le Ghana est béni avec le talent. C’est juste une question d’entrainement qui fera que le Ghana produira un autre champion du monde ».

Né le 18 septembre 1958 à Accra, la capitale du Ghana, Azumah Nelson c’est l’histoire de tout un pays, c’est l’histoire d’un homme humble qui croyait en lui, un terrible guerrier qui est devenu un roi parmi les rois et qui a marqué l’histoire de la boxe comme jamais aucun boxeur de talent du continent africain ne l’a fait.

Avec un palmarès de 39 victoires, 28 KO, 6 défaites, et 2 nuls , il a été champion du monde WBC des poids plumes de 1984 à 1987, champion du monde WBC des poids super-plumes de 1988 à 1994, et de 1995 à 1997. En 2004, il est devenu le premier Africain à être intronisé à l’International Boxing Hall of Fame.

Le Ghana, qui était sous la pression des soulèvements politiques sous l’emprise coloniale britannique, est devenu indépendant en mars 1957. Le pays a été sous le feu des projecteurs quelques années plus tard. Un continent qui est passé des années galères aux années lumières, tout comme « Zoom-Zoom – LeProfesseur », alors inconnu (sauf au Ghana) qui a été propulsé au rang de star dans le monde de la boxe.

Champion du Ghana, champion d’Afrique, médaillé d’or dans la catégorie poids plumes aux Jeux du Commonwealth, Nelson a eu une brillante carrière amateur où il s’est vu remporté tous les titres sauf une médaille olympique, le Ghana ayant boycotté les Jeux Olympiques de Moscou en 1980. Avec un palmarès de 50 victoires pour 2 défaites, il passe professionnel en 1979. Sa carrière sur la scène mondiale peine à démarrer. A l’exception de son combat contre Aziza Bossou qui s’est tenu à Lomé au Togo le 24 février 1981 et son combat contre Miguel Ruiz en Californie le 18 août de la même année, de 1979 à 1982, Azumah Nelson a principalement boxé à Accra. Invaincu en 13 combats dont 10 remportés avant la limite, il acquit une solide réputation au Ghana. Il a été surnommé «Le Professeur» en raison de sa capacité à enseigner une leçon de boxe à ses adversaires.

Malgré ses deux victoires à l’étranger, et le titre de champion du Commonwealth acquis le 26 septembre 1981 contre Brian Roberts, il n’attire toujours pas l’attention et sa notoriété s’arrête aux portes du Ghana. Mais c’est sans compter sur un coup de pouce du destin. Le 21 juillet 1982, au mythique Madison Square Garden de New-York, Azumah Nelson et le Ghana vont marquer les esprits dans le paysage mondial de la boxe.

Le mexicain Salvador Sanchez, le redoutable champion du monde des poids plumes WBC, devait affronter son challenger obligatoire Mario Miranda, mais ce dernier a déclaré forfait suite à une blessure. Il fallait lui trouvé un adversaire rapidement, et Azumah Nelson a été contacté. Une chance inespérée pour le Ghanéen qui a accepté. Deux semaines de préparation pour ce combat, mais qu’importe, « Le Professeur » est un homme de défi, lui qui, dès le début de sa carrière, a affronté de très durs boxeurs. Et comme il dira, un combat pour un championnat du monde contre le plus grand boxeur du moment et qui plus est, au Madison Square Garden, ça ne se refuse pas.

Et le 21 juillet 1982, en tant que remplaçant de dernière minute, invaincu en 13 combats dont 10 par Ko,Azumah Nelson affronte le redoutable Salvador Sanchez, au palmarès de 42 victoires pour 1 défaite et 1 nul. Malgré l’immense popularité de Sanchez, ce championnat n’a suscité aucun engouement, du fait que, pour les spécialistes et les fans de boxe, ce serait un combat facile et une victoire rapide par KO pour le champion face à cet inconnu.

A la surprise générale, le combat s’est révélé intense, le plus dur de la carrière de Sanchez. Personne n’avait prédit cela. Nelson n’est pas venu faire de la figuration et, dès le début du combat, ce fut une guerre. Des échanges de coups violents, et même si « Le Professeur » a été au tapis dans la 7ème reprise, le combat a repris de plus belle et, Sanchez a vécu un enfer. Malgré sa vaillance, Azumah Nelson ira par deux fois au tapis dans la 15ème et dernière reprise et l’arbitre stoppera le combat.

Un combat palpitant, intense du début à la fin, où dans sa défaite, Nelson aura eu la plus belle des victoires : la reconnaissance. Il a marqué les esprits face au grand champion qu’est Sanchez qui a confirmé, dans cette dure bataille, son statut et son immense talent et, il déclarera que Nelson a été son adversaire le plus coriace.

Willie Pep, présent ce soir-là, et a été impressionné par Sanchez et a dit :

« Je suis content qu’il n’était pas là à mon époque. »

Ce qui en dit long sur la performance qu’a livré Azumah Nelson pour son 14ème combat professionnel. Eddie Cool ira même jusqu’à dire :

« Le combat de poids plumes le plus excitant jamais organisé dans le nouveau Madison Square Garden, et le meilleur depuis celui où Willie Pep a repris son titre contre Sandy Saddler dans l’ancien MSG. »

Bien qu’il ait perdu par KO dans la 15ème reprise, Azumah « Le Professeur » Nelson rentra chez lui en héros. Avec une très courte préparation, il a livré une performance remarquable, et même s’il reconnait qu’il n’était pas prêt, il ne se cherchera aucunes excuses et reconnaitra la supériorité de Salvador Sanchez.

Ce combat aurait pu figurer dans les grands classiques des « combats de légende », mais malheureusement, il n’a pas eu la portée méritée. Tout d’abord, l’affiche de ce combat n’intéressait pas grand monde. Beaucoup était déçu à l’annonce de ce combat, où tout le monde voyait une victoire facile de l’immense champion qu’était Salvador Sanchez contre ce parfait inconnu venant du continent africain et qui semblait manquer d’expérience au vu de son palmarès. Personne n’avait prédit ce combat palpitant. Et d’autre part, durant la même année, trois affiches entre des boxeurs de renom avait suscité l’intérêt général : le 12 novembre, Aaron Pryor (qui devait affronter en 1er lieu Sugar Ray Leonard qui a dû se retirer des rings à cause d’un décollement de la rétine) était opposé à Alexis Arguello. Le 3 décembre, il y avait Wilfredo Gomez contre Lupe Pintor, et le 11 décembre était programmé le 4ème affrontement entre Bobby Chacon et Rafael Limon (deux boxeurs dont la rivalité a marqué l’histoire de la boxe). Trois combats palpitants qui ont tenus leur promesse (et qui sont des monuments aujourd’hui). Mais qu’importe, désormais tout le monde savait qui était Azumah Nelson.

Il aurait été intéressant de voir un combat revanche entre l’immense champion Salvador Sanchez etAzumah Nelson (bien préparé cette fois-ci), et même si l’idée avait trotté dans la tête d’un promoteur, de toute façon ça n’aurait pas pu voir le jour. Vingt-deux jours après ce combat, le monde de la boxe était en état de choc. Sanchez est décédé dans un accident de voiture, à l’âge de 23 ans.

Désormais, « Le Professeur » boxe aux États-Unis et construit son chemin vers le sommet de la gloire. Il sortira vainqueur de son combat contre Irving Mitchell le 31 octobre 1982. Juste avant cette victoire, après la mort tragique de Sanchez, le titre WBC des poids plumes est vacant et, le 15 septembre 1982, c’est Juan La Porte qui devient le champion du monde en battant par KO dans la 10ème reprise MarioMiranda. Durant l’année 1983, Nelson se défait de Ricky Wallace le 12 février, Alvin Fowler le 17 août,Alberto Collazo le 23 septembre, Kabiru Akindele le 23 novembre. Il connaitra à nouveau la victoire contre Hector Cortez le 9 mars 1984, et le 31 mars La Porte perd son titre contre Wilfredo Gomez.

Ayant gravi les échelons, Azumah Nelson est n°1 au classement WBC et se voit offrir une 2ème chance mondiale. Le 8 décembre 1984, il affronte le champion du monde WBC des poids plumes, le redoutableWilfredo Gomez. Pour ce championnat qui s’est déroulé à Porto-Rico, Nelson avait un palmarès de 19 victoires et 1 défaite, tandis que le champion avait 40 victoires à son actif pour 1 défaite (contre Salvador Sanchez) et 1 nul.

« Nelson vient du Ghana avec l’espoir de gagner, mais ce titre restera ici parce qu’il appartient aux Porto-Ricains. Mon objectif est de remporter trois titres mondiaux, et Nelson ne va pas stopper ma carrière. »

Au vu des mémorables combats entre Salvador Sanchez et Wilfredo Gomez et de Salvador Sanchezcontre Azumah Nelson, on pouvait donc s’attendre à un beau championnat du monde.

Gomez a été très prudent en début de combat, et les reprises ont été disputées. A la fin de la 10ème reprise, les juges avaient des pointages de 97-93 et 96-95 pour le champion et 95-95. Du fait que le champion du monde était sur ses terres et que le combat était relativement serré (malgré l’étonnant pointage du juge qui avait 97-93), les hommes de coin de Nelson, notamment Bill Prezant, l’avaient boosté en lui disant qu’il était en train de perdre et qu’il devait donc durcir ce combat pour faire la différence. Ce à quoi « Zoom-Zoom – Le Professeur » s’est employé. Dans la 11ème reprise, Azumah Nelson devient le nouveau champion du monde WBC des poids plumes en battant par KO Wilfredo Gomez.

Bien que, promu par Don King, il ait été souvent programmé dans des combats d’encadrements pour les grands évènements, il continuera à cimenter sa domination dans cette catégorie et son règne va durer 3 ans. Il défendra sa ceinture contre Juvenal Ordenes le 6 septembre 1985, et Pat Cowdell le 12 octobre. En 1986, il battra Marcos Villasana, Danilo Cabrera et Aaron Duribe. En 1987, il conservera sa ceinture contre Mauro Gutierrez et Marcos Villasana. Un règne sans partage, et Azumah Nelson laisse son titre vacant pour monter de catégorie.

Le 29 février 1988, il devient le nouveau champion du monde WBC des poids super-plumes contre Mario Martinez. Cette même année, il défendra victorieusement son titre contre Lupe Suarez le 25 juin etSidnei Dal Rovere le 10 décembre. Le 25 février 1989, il conserve sa ceinture lors du combat revanche contre Mario Martinez, et se défait de Jim McDonnell le 5 novembre.

Le 19 mai 1990, au Caesars Palace de Las Vegas, il affronte le champion WBC et IBF des poids légers, Pernell Whitaker. Il perdra aux points par décision unanime des juges (116-114, 115-113 et 116-111). Dès lors, les spéculations vont bon train, mais une chose que personne ne savait à ce moment là, c’est que la femme d’Azumah Nelson, mère de ses 3 enfants, était hospitalisée en raison d’un cancer en phase terminal. Ce n’est que bien plus tard qu’il en parlera et expliquera qu’il n’était donc pas pleinement concentré pour ce combat, mais ne se cherchera aucune excuse et, il reconnaitra par ailleurs que Whitaker était un très bon boxeur. (Voilà pourquoi il ne parle pas beaucoup de son combat contreWhitaker lors des interviews).

Le 13 octobre 1990, il conserve sa ceinture des poids super-plumes contre Juan Laporte et contre Daniel Mustapha le 16 mars 1991.

La polémique :

Le 28 juin 1991, au Mirage Hotel & Casino de Las Vegas, en sous carte du combat principal, la revanche opposantMike Tyson à Donovan Ruddock,Azumah Nelson défend son titre contre Jeff Fenech. Un combat qui s’annonçait passionnant entre deux guerriers. Mais le résultat final va créer la polémique.

En début de combat, Nelson est agressif, et au bout de quelques reprises, Fenech était rentré dans le combat. Un affrontement intense où les deux boxeurs se rendaient coups pour coups. Mais au fur et à mesure, « Le Professeur » paraissait quelques peu fatigué et surtout, ses coups étaient beaucoup moins puissants. C’est Fenech qui était beaucoup plus efficace et plus à l’aise. Nelson était proche du KO durant la 7ème reprise. Le combat ira à son terme et dans les dernières secondes, Nelson était à nouveau proche du KO. Le verdict tombe, c’est la stupéfaction totale. Alors qu’une large majorité voyait Fenech remporter la victoire, les juges ont rendu un verdict nul. Beaucoup de personnes qualifieront cette décision de « honte », de « scandale » et de « vol ». Jeff Fenech, déçu et irrité, aura ses mots :

« C’est la 1ère fois que je combat à Las Vegas, qu’on dit la capitale de la boxe. Ce sera la dernière, puisque c’est la capitale de l’arnaque. »

Devant la controverse, une revanche aura lieu le 1er mars 1992. Fenech est toujours invaincu en 26 combats et compte désormais 1 match nul, et Nelson affiche désormais un palmarès de 34 victoires pour 2 défaites et 1 nul. Pour ce combat, qui a lieu au Princes Park Football Ground de Melbourne en Australie,Fenech, qui n’a toujours pas digéré son vol à Las Vegas, est le grand favori pour les bookmakers.

« Je ne vois pas comment Nelson pourrait me battre chez moi. Il n’a aucune chance de s’en sortir cette fois, les juges ne le sauveront pas. Croyez moi, ils n’auront pas à rendre leurs pointages ».

Ce à quoi, Azumah Nelson répondra :

« Lors de notre 1er affrontement, j’étais à 65 % de ma forme. Quelques semaines plus tôt, mon épouse venait de décéder d’un cancer. Je n’avais pas la tête à combattre. Je ne suis pas champion depuis 8 ans par hasard ».

D’autant plus que le Ghanéen ajoutera qu’il avait le paludisme pour expliquer son état de forme inhabituel lors de leur 1er combat. Ce 2ème affrontement a donc suscité un intérêt général, et tout le monde s’attendait à un combat aussi passionnant et violent que le premier, d’autant plus que cette fois-ci, Nelson était en pleine possession de ses moyens. Et ce combat a tenu toutes ses promesses devant une foule de plus de 37000 personnes. On a pu retrouver le « grand » Azumah « Zoom-Zoom – Le Professeur ». Le début de combat est intense, une véritable épreuve de force. Fenech, plus rapide, impose néanmoins le rythme. Et là, 1er rebondissement. Nelson l’envoie au tapis. Le challenger se relève, et la bataille reprend de plus belle. La 2ème reprise est à l’identique, une guerre et les deux boxeurs ne veulent rien lâcher. A la fin de cette 2ème reprise, nouveau rebondissement, Fenech va à nouveau au tapis. Une véritable épreuve de force dans les reprises suivantes. Le public est en délire. Les deux boxeurs se rendent coups pour coups, et dans la 8ème reprise, Fenech durcit l’épreuve de force réussissant même à coincer le champion dans les cordes. Azumah Nelson, qui n’a pas volé son surnom, réussit à toucher sévèrement son adversaire en sortie de corps à corps. Dans les cordes à son tour, il reçoit une rafale de coups de la part du champion qui l’envoie au tapis. Fenech se relève et, sonné, il ne peut répliquer aux assauts deNelson. Une véritable correction que l’arbitre stoppe. Azumah Nelson remporte le combat sans contestations possibles cette fois-ci et conserve sa ceinture. Jeff Fenech concède sa 1ère défaite.

Ce combat sera élu « surprise de l’année » par Ring Magazine.

Par la suite, il conservera sa ceinture contre Calvin Grove le 7 novembre 1992, et contre Gabriel Ruelasle 20 février 1993. Mais contre Ruelas, la victoire fut difficile.

Le 10 septembre 1993, il conserve son titre contreJesse James Leija dans un combat qui se soldera sur un match nul. Le 7 mai 1994, au MGM Grand de Las Vegas, aura lieu la revanche dans ce qui restera un évènement mémorable dans l’histoire de la boxe.

Don King, comme lui seul en avait le secret, avait organisé une soirée d’exception, la soirée des « revanches ». Aucun combat d’encadrement, mais que des championnats du monde qui avaient la particularité d’être des revanches entre des boxeurs de renoms : Azumah Nelson vs Jesse James Leija,Frankie Randall vs Julio Cesar Chavez, Terry Norris vs Simon Brown et Gerald McClellan vsJulian Jackson.

Cette soirée a été élue « évènement de l’année » par Ring Magazine.

Pour cette revanche, « Le Professeur » était quelque peu absent et dépassé. Il perd son titre à l’unanimité des juges, et Leija devient le nouveau champion du monde des poids super-plumes.

Azumah Nelson va en profiter pour faire un break, et remontera sur le ring le 1er décembre 1995. Il affronte à nouveau Gabriel Ruelas qui, grâce à sa victoire sur Leija, est devenu le nouveau champion du monde WBC des poids super-plumes. Un break qui a été bénéfique au « Professeur » qui renoue avec la victoire en stoppant Ruelas dans la 5ème reprise, redevenant ainsi champion du monde. Le 1er juin 1996, il affronte pour la 3ème fois Jesse James Leija et conserve sa ceinture en le stoppant dans la 6ème reprise. Ce combat sera la dernière belle performance d’Azumah Nelson. Le 22 mars 1997, il sera battu aux points par Genaro Hernandez qui deviendra le nouveau champion du monde.

Nouveau coup dur pour Nelson. Son entraîneur de longue date, Joe « Buffalo » Martin, a trouvé la mort dans un accident de voiture en janvier 1998.

Le 11 juillet 1998, il affronte pour la 4ème fois Jesse James Leija dans la catégorie des poids légers avec en jeu le titre vacant IBA. Il sera battu aux points à l’unanimité des juges.

Après une magnifique carrière, Azumah Nelson prend enfin sa retraite et a juré de ne pas faire de retour sur les rings.

« Je ne suis pas le genre d’homme qui dit une chose aujourd’hui et se retourne sur elle demain ».

Une carrière d’exception pour Azumah « Zoom-Zoom – Le Professeur » Nelson. Boxeur rapide, puissant et imprévisible. Beaucoup de ses adversaires ont été unanimes sur un point. C’est que dans le ring contre lui, ils ne devaient pas relâcher leur attention ne serait-ce qu’une seconde. Même quand il commençait à fatiguer ou qu’il était sévèrement touché, le Ghanéen était capable de ressurgir là où ils ne l’attendaient pas. Et lorsque les quelques boxeurs, qui ont réussi à le battre, se retrouvaient face à lui dans un combat revanche, c’était le calvaire. « Le Professeur » anticipait à merveille leur boxe, exploitant leurs faiblesses avec une aisance. La leçon de boxe assurée.

Pour couronner sa carrière, il n’espérait plus qu’une seule chose, être le premier Africain à être intronisé à l’International Boxing Hall of Fame. Et c’est ce qui arrivera en 2004.

En 2008, Azumah « Zoom-Zoom – Le Professeur » Nelson a crée la Fondation Azumah Nelson pour essayer d’aider les enfants au Ghana. Il entraine les jeunes talents pour tenter de préserver l’héritage de la boxe dans ce pays. Pour lui, le sport peut aider les enfants à échapper à la pauvreté et la délinquance.

« Je suis un serviteur. Dieu m’a amené à servir les gens, surtout les enfants dans le besoin. Je veux voir tout le monde sourire ».

Le 24 juin 2008, à Melbourne en Australie, Azumah Nelson, âgé de 49 ans, et Jeff Fenech, 44 ans, vont s’affronter pour la 3ème fois dans un combat de gala. Ce qui n’empêchera pas l’animosité d’un goût de revanche.

On était loin des jours glorieux de la légende vivante de la boxe ghanéenne qui a dominé les catégories des poids plumes et super-plumes pendant plus d’une décennie, mais pour Nelson, c’était un moyen de récolter des fonds pour ses oeuvres caritatives.

» Je n’ai pas de problèmes d’argent, mais je ne peux pas construire les fondations sur le mien, donc j’ai accepté de le combattre. Je dois aider ces enfants défavorisés et le combat va me donner cette aide et je vais l’assommer à nouveau ».

William Dettloff, qui était le rédacteur principal du magazine The Ring, avait écrit :

« Admettez, comme moi, que vous êtes plus intéressér par Azumah Nelson-Jeff Fenech III que vous l’êtes pour un James Toney-Hasim Rahman II. »

Jeff Fenech remportera ce combat par décision majoritaire, deux juges ayant estimé qu’il était le vainqueur et le troisième qu’il y avait eu match nul.

AUTEUR: par Fans de Boxe

SOURCE: https://fansdeboxe.wordpress.com

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