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10 Jul

Sarah Ourahmoune : «Dès que le gong retentit, le stress s'évapore»

Publié par Benoît Sainte Marie

Sarah Ourahmoune : «Dès que le gong retentit, le stress s'évapore»

Premiers JO à Rio

«En général, je ne stresse pas trop en amont d’un combat. En fait, le stress arrive vraiment au dernier moment, quand je suis dans les vestiaires et qu’il faut y aller. Et il est présent également quand je travaille sur la vidéo et que je découvre plus en détail ma future adversaire. C’est un moment toujours désagréable pour moi car j’ai tendance à la voir plus belle qu’elle ne l’est. Je me dis qu’elle est vraiment forte, que cela va être impossible pour moi de la battre… Et puis ce stress disparait très vite, avant de revenir sur le chemin entre les vestiaires et le ring. Avant le combat, même si ce n’est pas aussi marqué que chez les hommes, il y a aussi une part d’intox avec un défi du regard, une volonté de montrer à l’adversaire - mais aussi aux juges - qu’on est là, qu’on a envie de dominer, qu’on est plus forte. C’est aussi important de démontrer notre envie de gagner.

Quand le combat débute, tout va très vite. Dès que le gong retentit, le stress s’évapore car ça y est, nous ne sommes plus que deux sur le ring. Sur des combats de quatre rounds de deux minutes, il faut d’emblée marquer l’esprit des juges. Il faut être toujours offensive dès les premiers instants. Souvent, lorsque l’on remporte le premier round, la suite est favorable. Ensuite, c’est du 50-50 entre la part de réflexion et la part d’instinct. Cela fait partie de la boxe de pouvoir changer rapidement de stratégie. En général, une tactique est mise en place avec l’entraîneur en amont. Mais si au bout de 30 secondes, si je me rends compte qu’elle ne fonctionne pas, je dois être capable de m’adapter. Et au sein d’un même round, il faut pouvoir changer de stratégie plusieurs fois s’il le faut.

Souvent, au bout de dix ou quinze secondes, je sens si le combat va être facile ou si, au contraire, mon adversaire a une boxe qui ne me convient pas. Très vite, je sais si le combat va être très dur physiquement, si la fille en face va être offensive ou si elle va fuir. Ce qu’il faut éviter pendant un combat, c’est de se laisser emporter par la colère ou l’orgueil. Il faut vraiment s’efforcer de conserver une certaine maitrise de ses émotions car quand on se laisse emporter, cela peut être redoutable pour l’adversaire ou pour… soi-même, car on commet davantage de fautes. Pendant le combat, j’entends bien les conseils de mon coin. J’arrive aussi à distinguer dans le public la voix de mes proches. Par exemple, quand mon mari est dans le public, je perçois de suite ce qu’il me dit, même s’il y a un certain brouhaha dans la salle.

Je me tiens toujours informée du ressenti de mon coin, s’il pense que je mène aux points ou pas. Même si j’ai une idée sur la question, je préfère demander. J’aime bien savoir où j’en suis pour adapter ma stratégie. Ensuite, les entraîneurs peuvent jouer là-dessus et me dire qu’ils me voient perdante pour me piquer au vif, pour me maintenir sous pression. Il y a là un gros travail psychologique, sachant aussi qu’ils ne peuvent pas me mentir à chaque fois sinon cela ne marcherait plus. Sinon, les pauses entre chaque round permettent de souffler et j’aime bien quand mon entraîneur me laisse quelques secondes de calme avant de me prodiguer ses conseils. Les informations ne doivent être données que sur la fin de la pause, au moment où je suis le plus apte à les entendre et les assimiler.

La peur lors d’un combat, elle existe évidemment, mais uniquement avant. Et ce n’est pas forcément la peur de prendre des coups, mais tout simplement de perdre. Ou j’ai peur que mon corps ne réponde pas parce que je suis fatiguée. J’ai cette crainte de ne pas pouvoir m’exprimer. Physiquement, la difficulté est très variable selon le rythme du combat, la dureté de l’adversaire… Si en face, la fille est fuyante, ce n’est pas très compliqué sur ce plan alors que cela devient très dur face à une adversaire qui est toujours sur vous. Et quand le combat est terminé, il y a toujours une crainte que le bras ne se lève pas. Tant que la décision des juges n’a pas été donnée, on a toujours peur.»

SOURCE: http://blog.lefigaro.fr/

AUTEUR: Par Sarah Ourahmoune

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