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26 Jul

Sarah Ourahmoune : Maman et entrepreneuse, cette boxeuse française ira aux JO

Publié par Benoît Sainte Marie

Sarah Ourahmoune : Maman et entrepreneuse, cette boxeuse française ira aux JO

À 34 ans, Sarah Ourahmoune défendra pour la première fois cet été les couleurs de la France aux Jeux Olympiques de Rio en boxe féminine. Une consécration pour la boxeuse française la plus titrée de l’histoire, qui jongle entre ses entraînements, son entreprise et sa petite fille de trois ans. Portrait d’une boxeuse qui n’a pas froid aux yeux.

Dans la salle de l’Aulnay Boxing-Club, en région parisienne, c’est jour de reprise. Sarah Ourahmoune cogne le sac de frappe avec détermination, sous les yeux de son entraîneur, chrono en mains. C’est le premier entraînement de la boxeuse de 34 ans, qui a décroché il y a quelques jours son billet pour les Jeux Olympiques chez les poids mouches (- 51 kg). Une récompense qui soulage après un premier échec.

En 2012, à Londres, la boxe féminine fait son apparition aux Jeux Olympiques. Boxeuse française, Sarah Ourahmoune est alors octuple championne de France et championne du monde 2008. La boxeuse s’entraîne d’arrache-pied mais rate la qualification. « Je suis passée à côté d’un combat contre une fille que j’avais battue dix jours plus tôt. J’ai été angoissée par l’enjeu. » Pour la Française, la désillusion est grande. « Jeux ou pas, j’envisageais d’arrêter ma carrière. »

L’une des premières boxeuses françaises

Sarah Ourahmoune a 14 ans le jour où elle pousse par hasard la porte du club du Boxing Beats d’Aubervilliers, en région parisienne. « Je faisais du taekwondo et j’avais emménagé à Aubervilliers, donc je cherchais un nouveau club. » Sous l’impulsion de Saïd Bennajem – l’entraîneur du club qui l’encadrera pendant 16 ans –, elle teste la boxe. Sarah est séduite. « Au départ, on faisait de la boxe éducative. On apprenait à prendre les bonnes positions. Le côté ludique m’a plu. » Quand Sarah Ourahmoune débute, les femmes peuvent s’entraîner, mais la boxe féminine n’est pas autorisée en France. Dans son club, la jeune fille se sent comme une bête curieuse. « Les hommes me conseillaient d’arrêter et de faire de la danse ou de la gymnastique. »

Malgré les railleries, sa nouvelle passion lui plaît, alors elle s’accroche. « Ce que je ressens sur un ring est très particulier. On bosse contre soi, l’adversaire est un prétexte. » Sa mère a peur en voyant qu’elle est la seule fille de son club et qu’elle risque de prendre des coups. Mais elle finit par la soutenir. « Ma mère a toujours poussé mes frères et sœurs et moi à multiplier les sports, se félicite Sarah, cadette de la fratrie. Une année, mon frère a fait de la danse classique ! »

Deux ans après les débuts de Sarah Ourahmoune, la fédération française permet aux femmes de boxer dans des combats officiels. « C’était déjà le cas dans d’autres pays », analyse l’athlète. À 17 ans, elle intègre alors l’équipe de France et décroche son premier titre national. « Tout est allé très vite », se souvient Sarah Ourahmoune, qui intègre l’Insep trois ans plus tard.

Aujourd’hui, la boxeuse pèse dix titres de championne de France, trois titres de championne de l’Union Européenne et un titre mondial. Pourtant, si Sarah Ourahmoune admire l’exemplarité pugilistique et sociale de Mohamed Ali, la boxe n’a jamais été sa principale préoccupation. « En boxant, j’ai trouvé ce qui me convenait. Mais à aucun moment je me suis dit que je ne voulais faire que ça. »

Une championne avec plusieurs cordes à son arc

Conférencière en entreprise, éducatrice spécialisée de jeunes enfants handicapés mentaux, animatrice de cours de boxe dédiés aux femmes. Depuis des années, Sarah Ourahmoune multiplie les casquettes. Diplômée d’un master en communication à Sciences Po Paris, elle intègre en 2012 l’incubateur d’entreprises de la grande école parisienne. Via ce tremplin, elle monte l’entreprise Boxer Inside avec son mari et boxeur, Francky Denis. Le duo anime aujourd’hui des ateliers de boxe dans des entreprises. « Pour intégrer l’incubateur, je devais passer devant le jury le jour de mon accouchement ! » se souvient la boxeuse en riant.

Après avoir raté les Jeux Olympiques en 2012, Sarah Ourahmoune met en suspens sa carrière pour fonder une famille. En avril 2014, six mois après la naissance de sa fille, elle remet pourtant ses gants. « La boxe me manquait. Je devais m’y remettre, pour ne pas regretter. » Les premiers entraînements sont une souffrance physique, mais elle s’accroche, épaulée par son entraîneur et beau-père, Marcel Denis. « Au départ, à l’entraînement, je posais ma fille dans son couffin à côté de moi et je boxais. » Vêtue d’un t-shirt « I love mummy », la petite Ayna, trois ans, gambade aujourd’hui dans la salle de l’Aulnay Boxing-Club pendant que maman s’étire au milieu du ring.

Depuis sa reprise, Sarah Ourahmoune a été double championne de France. Mais c’est Rio qui va occuper ses pensées d’ici août. Aux Jeux, la vraie rivale de Sarah Ourahmoune sera la Britannique Nicola Adams, championne olympique en titre. « Sarah est travailleuse et a des qualités techniques et physiques, se félicite Marcel Denis. Elle peut rivaliser avec elle. Il faut juste qu’elle gagne en agressivité dans ses combats. »

Après toutes ces années d’effort, Sarah Ourahmoune sait qu’elle a encore du travail. « Je ne veux pas me satisfaire de cette qualification. Il faut que je reste concentrée et motivée. Ma route vers le titre olympique est encore longue. »

Tournoi olympique de boxe féminine des poids mouches (- 51 kg) à partir du vendredi 12 août. Finale le samedi 20.

AUTEUR DU TEXTE : CORRESPONDANCE, ASSIA HAMDI

SOURCE: http://www.ouest-france.fr/​

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