Tony Yoka, le poing final

Publié le par Benoît Sainte Marie

Tony Yoka, le poing final

Lors de son dernier combat officiel, le 20 mai à Paris, Tony Yoka s'est débarrassé du Croate Marin Midoljevic (K.O. 4e round). Ce coup d'estoc n'est que le résultat d'un travail d'approche aussi invisible que précieux.

Il boxe avec les pieds

Tout l’art de Tony Yoka, formé à l’Insep par le Cubain Luis Mariano Gonzalez, réside dans la qualité de ses déplacements. Plutôt que de balancer de larges coups de poings, il s’approche de son adversaire grâce à ses excellents appuis. Se placer à bonne portée permet de frapper sans déséquilibre, avec un transfert de poids optimal. La puissance de ses cuisses et de ses fessiers s’additionne ainsi à la force de ses bras. De bonnes jambes lui permettent également de se mettre hors de portée des coups adverses et de fatiguer l’adversaire.

Il observe, cadre et enferme

Grâce à ses déplacements, Yoka peut imposer un rythme ou, au contraire, fatiguer ses opposants en les mettant dans le vent. Les cogneurs débutants oublient souvent cet indispensable travail des jambes. Yoka règle sa distance au centimètre près après une prise d’information visuelle. Puis, il apporte l’incertitude à l’adversaire par un travail de feintes ou alors l’oppresse en l’enfermant dans un coin sans possibilité de fuir. Cet art maîtrisé par les Cubains est admiré par les professionnels américains qui le désignent sous l’expression « to cut the ring ».

Une fois la proie mûre, il déclenche

Eprouvé par le rythme et les déplacements, le Croate Marin Midoljevic est devenu moins vif, plus statique le 20 mai dernier. Ce travail préparatoire accompli, Tony Yoka a ainsi pu l’ajuster avec son jab du bras avant. Puis pénétrer dans sa distance – zone de danger – et déclencher sa droite. Le bon équilibre de ses appuis lui a permis un optimal transfert du poids de son corps de l’arrière vers l’avant pour apporter l’estocade en forme de K.O.

AUTEUR: Karim Ben-Ismaïl
SOURCE: http://www.lequipe.fr/