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Blog d'informations sur le noble art en France et dans le reste du monde .

29 May

L'expérience, le facteur déterminant?

Publié par Benoît

L'expérience, le facteur déterminant?

 Au fil des années, Jean Pascal a affronté plusieurs des grands noms de la boxe internationale et il est convaincu que c’est cette expérience obtenue à la sueur de son front qui pourrait s’avérer le facteur déterminant de son combat contre Eleider Alvarez le 3 juin prochain.

Que ce soient Carl Froch, Chad Dawson, Bernard Hopkins ou Sergey Kovalev, le Lavallois a eu la chance de croiser le fer avec des boxeurs qui étaient ou sont encore considérés parmi les meilleurs « livre pour livre » de la planète. Un exploit dont Alvarez ne peut pas encore se vanter.


« Avec l’expérience que j’ai acquise, j’ai plus conscience des choses qui se produisent dans l’arène. C’est plus facile de faire mon travail sainement, a expliqué Pascal après un entraînement public - plus couru que celui de la veille - présenté dimanche après-midi au Casino de Montréal.


« L’expérience, c’est quelque chose qui ne s’achète pas. Alvarez n’en a pas. Nous ne pouvons pas l’acheter, nous ne pouvons pas l’enseigner, nous pouvons seulement la vivre, et moi, je les ai vécus ces moments-là. Et c’est exactement ce qui va m’aider à bien performer samedi soir. »

Mais l’expérience ne fait pas foi de tout, comme l’a démontré Errol Spence fils pas plus tard qu’hier en battant le champion des poids mi-moyens de l’IBF Kell Brook. Spence a fait craquer Brook au 11e round après l’avoir malmené avec des coups répétitifs à l’œil gauche et au corps.

Avant le duel opposant Alvarez à Lucian Bute en février dernier à Québec, l’ex-entraîneur de Pascal, Marc Ramsay, avait d’ailleurs dit qu’il fallait en prendre et en laisser avec cette théorie.

« L’expérience, c’est bien, mais ce n’est pas toujours positif. L’expérience vécue pendant le combat contre Froch, ce n’est pas une bonne expérience, avait alors mentionné Ramsay au sujet de l’ancien champion des super-moyens de l’IBF. Alors l’expérience, c’est très relatif. »

Étant donné que Pascal n’a pas gagné le moindre round pendant le deuxième combat contre Kovalev en janvier 2016 à Montréal, est-ce que cette même logique s’applique dans ce cas-ci?

« On apprend beaucoup plus dans la défaite que dans la victoire, a répondu Pascal. Je suis un étudiant de la boxe et j’essaie de maîtriser le noble art le plus possible. Ces deux défaites m’ont appris beaucoup. Elles m’ont appris à être moi-même et de ne pas essayer d’en faire trop.

« Il a appris qu’il ne pouvait pas se laisser donner de grands coups et qu’il doit s’en tenir à son plan de match, a ajouté l’ex-détenteur de titres chez les moyens, super-moyens, mi-lourds et lourds Roy Jones fils, qui est de retour dans l’entourage de Pascal après un hiatus de deux duels.

Ayant été aux premières loges pour la victoire de Pascal sur Bute et pour le premier revers devant Kovalev, Jones croit même que l’ancien champion des mi-lourds du WBC est devenu un meilleur boxeur qu’à l’époque grâce à tout ce qu’il a vécu au cours des dernières années.

« Quand un boxeur subit une défaite comme celle que Jean a subie [dans le deuxième choc face à Kovalev], il va généralement abandonner, a précisé Jones. Mais ce n’est pas du tout ce que j’ai vu de lui. Il est plus focus. Ses réflexes sont plus aiguisés. Et c’est exactement ce que je voulais voir, parce que si ça n’avait pas été le cas, je lui aurais fortement suggéré de ne plus se battre

« Il est rendu à un moment où il doit commencer tranquillement, mais sûrement à penser à l’héritage qu’il veut laisser. Quand tu te fais knockouter, tu ne peux pas abandonner. Tu te relèves. »

Pas par stratégie, mais par respect

« Je suis content de ma progression avec Stéphane Larouche »
Si Pascal ne s’est pas encore attaqué à Alvarez depuis l’annonce officielle du combat, ce n’est pas par stratégie comme l’ont laissé entendre Ramsay et Yvon Michel, mais bien par respect.

« Je suis courtois avec Eleider, parce que c’est un chic type et un ami, a avoué Pascal. Jamais il n’a été irrespectueux envers moi, alors c’est tout à fait normal que je le respecte.

« Eleider, c’est un grand boxeur. Il est fort et vite, possède une bonne main droite et un bon crochet de gauche, et fait peu d’erreurs. Ça va être un combat difficile, compliqué. Il va falloir que je puise dans mon expérience et mes ressources naturelles pour remporter ce duel. »

Avec les années, Pascal a probablement appris que les envolées lyriques attirent l’attention, mais qu’elles drainent aussi énormément d’énergie. Après avoir été au cœur de féroces batailles depuis plus d’une décennie, l’ex-champion n’a manifestement plus le luxe d’en gaspiller. 

AUTEUR :FRANCIS PAQUIN

SOURCE : RDS.CA

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