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18 Jul

RD Congo : ces femmes qui veulent illuminer la boxe

Publié par Benoît

RD Congo : ces femmes qui veulent illuminer la boxe

 

La boxe, elles en ont fait une passion, une seconde vie. Dans les salles de sport de Kinshasa, elles écument les rings, glanent des lauriers … mais visiblement pas assez pour leur offrir une vie à la hauteur de leurs sacrifices. Zoom sur ces boxeuses qui défient le patriarcat en République démocratique du Congo.
 
La boxe, ce sport si masculin. Dira-t-on. Si cette image est de plus en plus brisée en Occident, en Afrique, ce sport reste encore l’apanage des hommes. En République démocratique du Congo, certaines femmes ont décidé de casser les codes, d’enfiler leurs gants et d’aller à la conquête d’une reconnaissance dans ce sport de combat qui ne compte que 22 femmes dans toute la RD Congo.
 
À 21 ans, l’allure frêle, Safi Nadège Lukambo fait la boxe depuis cinq ans. En 2016, elle a eu son premier titre à Kinshasa, après d‘énormes efforts. Mais la jeune femme ne compte pas s’arrêter là. Des titres, elle entend en récolter en Afrique et au-delà. Mais, en dépit de ses rêves de grandeur, Safi est bien consciente que la tache ne sera pas de tout repos.
 
Je pense qu’au Congo, nous avons un problème avec les priorités : faire du sport milieu professionnel. Je ne peux pas espérer mieux faire, même si je gagne des titres. Je ressens une telle passion pour la boxe que je le fais par amour de ce sport, pour avoir quelque chose qui représente le monde pour moi. Je sais que j’ai le potentiel d‘être mondialement connu, a-t-elle confié au site The Guardian qui est allée à sa rencontre.
 
 
Ses rêves sont également partagés par Miki Ndaya, une boxeuse de 26 ans. La boxe, elle l’a côtoyée depuis sa ville natale, à Mbuji, dans la province de Mayi. Dès 2010, elle a rejoint l‘équipe nationale de boxe congolaise. Cette “amoureuse” de la technique de Mohamed Ali a depuis glané des prix en RDC, au Cameroun et vise à présent des titres internationaux.
 
Sa plus grande fan dans cette quête du succès est sa fille de cinq. Celle qui se passionne de voir sa mère s’entraîner, aux cris encourageant de “maman Bomayé (littéralement + maman, achève-le +). Celle pour qui Miki Ndaya ne désespère pas de devenir un jour une championne reconnue malgré les difficiles conditions dans lesquelles elle évolue.
 
Je n’ai pas de travail, mais je sais que si je me concentre, je serai connue dans le monde entier. Cela n’a pas été facile – il y a trop de difficultés. Je suis quittée de loin pour être ici, pour m’entraîner avec la fédération. C’est une lutte pour nourrir ma fille ; il est difficile de payer les transports pour se rendre en formation et il est difficile d’acheter des vêtements et des équipements sportifs, explique-t-elle.
 
 
Jorbelle Malewu, elle, est également sans emploi et ne veut pas faire autre chose que la boxe. Sa seule motivation est de devenir une meilleure personne qu’elle n’est aujourd’hui. Unique poids moyen féminin de la Fédération congolaise de boxe, la perspective de participer aux mondiaux d’Allemagne et d’y obtenir une médaille d’or la conforte un peu plus dans ses efforts.
 
Quand je vois des boxeurs d’autres pays lors de compétitions, il est clair qu’ils ont une excellente formation et je pense qu’ils sont bien soutenus. Ici, au Congo, nous ne le sommes pas. Une bonne formation signifie de meilleurs résultats. Nos conditions d’entraînement ne sont pas confortables. Je suis une championne, mais je n’ai pas de soutien : l‘état de nos installations et l’argent qui nous finance ne reflètent pas notre potentiel et notre talent ici, tance-t-elle.
 
Le cas de ces boxeuses n’est pas isolé. Comme elles, une vingtaine de jeunes rêvent d‘être des boxeuses professionnelles, en travaillant notamment dans des conditions adéquates. Car, en plus du manque de moyens et du délaissement quasi-total des autorités compétentes, elles doivent également éclipser la “concurrence” masculine.

 

AUTEUR:  Carole Kouassi avec The Guardian

SOURCE : http://fr.africanews.com

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