Ouf... Une fin de semaine de fou vient de prendre fin dans le monde de la boxe et une autre pointe à l’horizon. Mais avant... Arrêtez-vous un instant et reculez environ d’un an.

David Benavidez était un parfait inconnu ou presque. Oleksandr Usyk battait Kryzsztof Glowacki et devenait champion WBO des lourds-légers. Seygey Kovalev trônait en monarque de la division des mi-lourds, Roman Gonzalez était le meilleur boxeur «livre pour livre » sur la planète et Eleider Alvarez était prêt à affronter Adonis Stevenson.

Aujourd’hui, Benavidez, à 20 ans et 9 mois est champion WBC des super-moyens, Usyk porte toujours la ceinture WBO des lourds-légers, Kovalev n’est plus champion, Gonzalez vient de se faire assommer pour la première fois de sa carrière et n’est plus le meilleur boxeur « livre pour livre » et finalement, Alvarez attend toujours d’affronter « Superman ».

C’est le grand Albert Einstein, l’auteur de la théorie de la relativité qui l’a prouvé : le temps est relatif. Ne me demandez pas d’expliquer...

Juste pour vous donner une petite idée comment s’est passé ma dernière fin de semaine, voici mon horaire :

Vendredi soir, je me suis rendu à la TOHU pour y assister au gala d’arts martiaux TKO 40. J’étais content de voir que le promoteur Stéphane Patry était parvenu à remplir les estrades au maximum de leur capacité.

Excellente soirée où de jeunes aspirants ont égayé la foule par leurs prouesses et d’ici peu, on verra bien un autre Georges St-Pierre ou encore un Patrick Coté ou un Steve Bossé pointer à l’horizon.

De retour à la maison

De retour à la maison pour visionner le match où Benavidez a été chanceux de s’en tirer avec une victoire sur Ronald Gravil, devenant ainsi le plus jeune boxeur à s’assurer le titre mondial des super-moyens, à l’âge de 20 ans et 9 mois, éclipsant ainsi l’ancienne marque qui appartenait jusque-là à Darrin Van Horne.

Nul doute que Benavidez est un boxeur talentueux, mais il est évident qu’il manque d’expérience et j’ai l’impression que son règne ne durera pas longtemps quand les meilleurs de la catégorie tels Callum Smith, Anthony Dirrell, George Groves et Avni Yildirim seront disponibles.

Samedi après-midi, j’ai vu à la télé Usyk pousser à la retraite le vétéran Marco Huck. Un match du tonnerre pour Usyk. Il s’est littéralement moqué de l’Allemand durant toute la durée du combat et s’est permis de passer en demi-finale de la Super série mondiale de boxe contre le gagnant du match entre Mairis Breidis et Mike Perez, qui aura lieu à Riga, le 30 septembre prochain.

Usyk n’a pas eu besoin d’un quatrième juge ni des reprises vidéo pour s’assurer la victoire. On sait que ce règlement est en vigueur dans ce tournoi mondial doté d’une bourse globale de 50 millions de dollars et du trophée Muhammad Ali.

Huck est fini

Il est évident que Huck est rendu au bout du rouleau et je me demande encore pourquoi ses seconds n’ont pas jeté l’éponge vers le sixième engagement, alors qu’il était évident que leur poulain ne faisait pas le poids.

Samedi soir, je travaillais en studio avec Yvon « Tex » Michel pour la retransmission en direct du combat entre Gonzalez et Wisaksil Wengek, aussi connu sous le nom de Srisaket Sor Rungvisai.

Le réseau HBO courrait un risque en présentant trois combats de super-mouches. La soirée a donné lieu à des combats excitants .

Il nous a été permis de voir le Japonais Naoya Inoue épuiser à la corde son rival Antonio Nieves qu’on a retiré du duel au sixième engagement. Ce Inoue est à surveiller et je rêve du jour où il se mesurera à Wangek dans une unification des titres.

Mais le cas le plus pitoyable de la soirée a été celui de l’ex-monarque mondial Roman « Chocolatito » Gonzalez, qui a été littéralement assommé par son rival en quatre rounds.

C’était la première fois en 48 combats que Gonzalez perdait par K.-O. C’était cette revanche que l’on avait exigée à la suite du match très serré entre les deux hommes en mai dernier. Deux juges avaient donné la victoire à Wangek, tandis que le troisième y allait d’un verdict nul.

Il est évident que « Chocolatito » n’est plus l’ombre de lui-même. Il a livré son premier combat professionnel à18 ans et 12 ans plus tard, il montre des signes évidents d’usure.

Le combat de la décennie

Cette semaine, c’est le combat de la décennie entre Gennady Golovkin et Saul « Canelo » Alvarez qui prend la vedette, ce samedi au T-Mobile Arena, de Las Vegas.

« GGG » demeure toujours favori pour remporter la victoire, mais Alvarez a lui aussi ses partisans qui jurent dur comme fer qu’il est un meilleur boxeur que Golovkin.

On va se reparler de cet affrontement au cours des jours qui viennent.

Durant ce temps, à Liverpool, la Super série mondiale de boxe se poursuit avec le premier match chez les super-moyens entre Erik Skoglund (26-0, 12 K.-O.) et Callum Smith (22-0, 17 K.-O.). Si je me fie aux déclarations de l’ex-titulaire mondial, Mikkel Kessler, Skoglund pourrait surprendre et vaincre le Britannique sur son propre terrain. Ce combat sera retransmis chez nous, au Québec, ce samedi, en après-midi, sur les ondes du réseau Super Chanel.

Durant tout ce temps-là, la saga Eleider Alvarez-Adonis Stevenson suit son cours. Le WBC exige que « Superman » défende son titre contre son premier aspirant Alvarez. Mais Stevenson aimerait plutôt se mesurer à Badou Jack et ainsi tenter d’aller chercher une deuxième couronne.

Stevenson veut coiffer toutes les couronnes de sa division, mais il est peu probable que cela arrive. Le triple champion Andre Ward ne veut rien savoir de lui et le traite de tous les noms.

Le problème, c’est qu’ Alvarez et Stevenson sont représentés par le même conseiller, Al Haymon. Si je me fie à Yvon Michel, c’est ce dernier qui a le dernier mot. Un fait demeure... La porte est ouverte pour un affrontement à Québec en octobre ou novembre. Il ne reste plus qu’à Adonis de signer le contrat.

À deux occasions, Alvarez a donné un laissez-passer à Adonis pour affronter d’autres que lui. Maintenant, il prétend que c’est fini et je ne peux pas le blâmer. Toutefois, il faut comprendre qu’à chaque fois qu’il laisse « Superman » combattre contre quelqu’un d’autre que lui, il touche une somme qui peut varier entre 150 000 $ et 200 000 $.

Si quelqu’un veut prendre ma place et écrire cette chronique, je suis achetable... Pas cher!

À part cela, tout va très bien, madame la Marquise.

Bonne boxe!

AUTEUR : JEAN-PAUL CHARTRAND

SOURCE: RDS.CA